La musique antique et le disparu: l'apport de l'archéologie funéraire dans la restitution de la musique antique

TitleLa musique antique et le disparu: l'apport de l'archéologie funéraire dans la restitution de la musique antique
Publication TypeJournal Article
Year of Publication2012
AuthorsPerrot, S
JournalRamage
Volume15
Abstract

Lorsque William Christie prend le parti, avec sa compagnie des Arts Florissants, de ne plus jouer la musique baroque qu’avec des instruments de facture baroque, dans des doigtés et des techniques de jeu baroques, il se prête d’une certaine manière à une restitution archéologique des conditions de jeu de l’époque de la composition. Le débat des musicologues sur la manière d’interpréter les œuvres dont les partitions sont pourtant bien conservées, de même que certains instruments, est loin d’être réglé. On imagine alors aisément combien il peut être difficile de mener ce type de travail sur la musique antique, dont on n’a guère que des traces. La musique antique appartient proprement à l’archéologie du disparu, et ce d’autant plus que la prestation elle-même se donne dans l’éphémère. Pour reprendre une formule célèbre chez les musiciens, toute interprétation est déjà une réinterprétation, une nouvelle interprétation, ou en d’autres termes, on ne joue jamais deux fois de la même manière. C’est peine perdue donc de vouloir retrouver une interprétation antique. En revanche, il est possible de réduire une part de ce disparu par l’étude des quelques vestiges d’instruments et de partitions conservés, en les confrontant aux sources testimoniales, textuelles comme iconographiques. De ce point de vue, la fouille de tombes de musiciens a permis de faire des progrès considérables. C’est en effet en contexte funéraire qu’on a trouvé le plus grand nombre de vestiges d’instruments à cordes, et les instruments à vent les plus complets. En effet, il s’agit d’un contexte clos, dans la mesure où il est assez peu perturbé : il ne s’agit pas là d’un dépôt d’instruments qui a pu être recouvert par la suite, ou de rebuts jetés çà et là. Les menus bouleversements, généralement causés par des petits rongeurs, n’empêchent pas de retrouver des instruments complets ou presque. Je me propose donc de voir la part du disparu dans les vestiges d’instruments de musique trouvés dans les tombes, pour mieux ensuite saisir ce qui nous en reste et autorise une restitution des œuvres musicales antiques. [http://anthropologiedelart.org/ramage/?page_id=414]

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